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Argumentaire plus détaillé

Quelques éléments de grammaire espéranto

Grammaire de l'espéranto

 

Réponses à quelques lieux communs
ou préjugés sur l'espéranto

 

     1. C'est une langue fabriquée, artificielle.

     - Fabriquée :
     oui, elle a été fabriquée, conçue même, par le Dr Zamenhof, et publiée en 1887, à Varsovie.
     L'idée de concevoir un outil de communication plus simple à apprendre qu'une langue vivante est très ancienne, et de grands esprits y ont songé (Descartes, Voltaire, entre autres).
     En quoi un outil serait-il mauvais parce qu'il a été fabriqué ?
     Plusieurs langues créées ex-nihilo ont été imaginées dans le passé, mais aucune n'a marché. Ce que Zamenhof a imaginé, c'est le noyau immuable des règles grammaticales, les mots de liaison et la structure de la langue, en s'inspirant de diverses langues vivantes européennes, mais aussi de la structure isolante ou agglutinante d'autres langues dans le monde, dont certaines asiatiques, ce qui rend l’espéranto réellement international, moins européen qu’on le dit. C'est ainsi que chacun y trouvera à la fois quelque chose de familier, et des éléments étrangers. Le vocabulaire, lui, s'est ensuite enrichi régulièrement par le travail des locuteurs passionnés, tout en respectant les principes de base pour garder à la langue sa cohésion. Cela permet l'enrichissement permanent de la langue, comme toute langue vivante, y compris dans les terminologies professionnelles (informatique etc.) L'étymologie n'est donc pas artificielle, au contraire : les racines sont essentiellement latines, grecques, germaniques et slaves, mais aussi arabes, japonaises, hébreux, hindi... et les sonorités rappellent parfois les langues slaves du sud. Quant à la structure logique, elle paraît familière aux peuples de l'Asie orientale.
     Variante : c'est une langue rapiécée (dixit un ministre de la culture), faite de bric et de broc.
     Toutes les langues ont assimilé des apports d'autres langues, les exemples sont innombrables (week-end, football, bled, pizza, ciao, bistrot). La seule différence, c'est que Zamenhof l'a fait en choisissant des tournures et des racines utilisées par plusieurs langues européennes, essentiellement romanes.


     2. Ca ne marche pas.

     A contrario, on peut dire que le fait qu'il ait survécu et même prospéré, sans le soutien d'aucun pays, d'aucun média - on peut même dire qu'il a été combattu - prouve sa vitalité. On estime de 2 à 10 millions dans 150 pays, le nombre de ceux qui l'ont appris (à des niveaux divers, comme pour toute langue étrangère). Il n'est pas le seul exemple : le sanskrit, en Inde, est l'oeuvre d'un seul homme (Panini) et a été adopté comme une langue officielle. Idem pour le swahili, en Afrique orientale. Le latin lui-même était au Moyen âge une langue "supranationale". De même, le français à une époque n'était pas parlé par les Occitans, Bretons, Basques et autres régionaux.
      Un siècle, c’est une langue jeune. Son essor est permanent : à la radio depuis longtemps, sur Internet, et un projet de télévision par Internet doit démarrer fin 2005 depuis le Brésil.


     3. Pourquoi l'espéranto serait-il plus facile à apprendre ?

     Son auteur a pris soin de créer un noyau grammatical logique et immuable, sans toutes les exceptions qui rendent les langues vivantes si ardues, et une prononciation régulière, sans diphtongues. De plus, la création de mots par l'utilisation de nombreux préfixes et suffixes, remarquablement chosis, ainsi que par la combinaison de racines, rend le vocabulaire largement moins gourmand en mémoire.
     Un exemple de l'intérêt des affixes réguliers : cheval-jument-poulain-étalon , 4 mots très différents, sont en espéranto tous dérivés de la même racine, et le mécanisme sera le même pour tout animal, à l'aide des mêmes suffixes (indiquant l'un le féminin, l'autre la filiation, le troisième la virilité). Tous les anglophones savent dire "horse", mais combien connaissent les trois autres ?
     Un exemple de l'intérêt de la structure combinatoire : si vous connaissez mer (maro) et si vous connaissez poudre (pulvoro), vous savez dire embrun, (marpulvoro, "poudre de mer"), et ce côté ludique favorise la mémorisation ; combien d'anglophones savent traduire "embrun" ?
     Cette logique explique en partie le côté amusant de l'espéranto, car il renvoie aux mots d'enfants qui ravissent tant les grands. Les enfants appliquent naturellement la logique à leur langue natale, mais celle-ci, bourrée d'exceptions, le leur rend très mal, et nous oblige à les corriger: - On ne dit pas des chevals, mais des chevaux, on ne dit pas "dégarer la voiture !"
     De nombreuses enquêtes et expérimentations demandées par des instances officielles (déjà du temps de la Société des Nations) ont confirmé ces faits (jusqu'à dix fois moins de temps d'apprentissage, à niveau d'expression égal). De plus, une lettre égale un son, ce qui permet une prononciation correcte sans séjours linguistiques.
     Dans le domaine médical, l'avantage porte également sur le fait que les racines sont les mêmes, donc déjà connues, mais avec en outre la disparition des irrégularités de terminaison : en voyant la finale, on sait toujours s'il s'agit d'un adjectif ou d'un substantif, qui n'est le cas ni en anglais (anxious, arterial, amnesic ou amnesiac, 3 adjectifs avec des terminaisons différentes) ni en français ; en espéranto cela donne : anksia, arteria, amnezia.


     4. S'il est plus facile, il est forcément moins précis qu'une langue vivante.

     Récemment, un essai à l'assemblée européenne a montré qu'il y avait moins d'erreurs de traduction avec l'espéranto comme langue pivot. Il est facile par la logique de sa grammaire et de son orthographe (finies les fautes), mais l'existence de cinq temps, ainsi que six formes de participes le rend aussi précis qu'une autre langue. Voire davantage dans certains cas, nous renvoyons à ce sujet à l’argumentaire détaillé, ou aux nombreux sites Internet existants (informations, enseignement). Nous n'en donnerons qu'un : électrocution=elektrokutiĝo, alors que elektrokutigo indiquerait une électrocution causée à un tiers, donc un crime. Les deux suffixes igi=effet sur un tiers, et iĝi=effet sur soi-même, peuvent être déroutants au début par leur similitude, mais se révèlent très pratiques à l'usage, très précis.


     5. C'est une langue qui n'a pas de culture.

     Pourquoi un outil de communication efficace devrait-il nécessairement avoir une culture ? La culture existe déjà dans chacun des pays. En outre, cela commence à être faux : en nombre de pages Internet, l'espéranto est la deuxième langue non-maternelle mondialement utilisée, juste derrière l'anglais.


     6. On a déjà l'anglais, pourquoi l'espéranto ?

     Variante : "Et pourquoi pas le latin ?" (boutade d'un député français). Réponse : le latin est aussi difficile qu'une langue vivante et son vocabulaire loin d'être actualisé (ordinateur ? téléphone portable ?)
     L'anglais ? Contrairement à ce qui se lit parfois, l'anglais n'est pas facile à apprendre et sa prononciation est très irrégulière. Il est loin d'être un bon candidat à un outil de communication, et le pourcentage de la population mondiale ou française qui peut réellement soutenir une conversation en anglais est très faible. Ce problème de l'anglais a de nombreux aspects, économiques, idéologiques et géopolitiques, qui dépassent ce cadre. Là encore, nous vous invitons, pour plus de détails, à consulter l’argumentaire ci-joint.
     Il ne s'agit pas d'antiaméricanisme, mais de proposer une alternative au tout-anglais qui prévaut de plus en plus dans les affaires et la science, et qui aboutit actuellement à une discrimination de fait, avec des postes où les "native-english speakers" sont exigés.


     7. L'usage de l'espéranto se ferait au détriment des langues vivantes ou des langues régionales.

     Cette crainte de voir son influence baisser a sûrement été pour beaucoup dans le manque d'objectivité et d'enthousiasme des "grandes" nations à l'égard de l'espéranto depuis sa création. Cette critique n'est vraie que pour l'anglais, pas pour les autres langues vivantes, ni pour les langues régionales. L'espéranto ne prétend nullement remplacer toutes les langues. Tous les espérantistes sont attachés à leur langue nationale, voire à leur patois, et cette langue est plus souvent soutenue par les radios locales que par les médias nationaux.


     8. L'alphabet bizarre serait une gêne en informatique.

     Rappelons que certains fabricants américains avaient un temps imaginé supprimer les é, è, à, ê, français de nos claviers parce que "ça ne servait à rien"...
     Il est actuellement très facile de télécharger une police de caractère qui permet de taper l'alphabet espéranto (par exemple du groupe "SudEuro"). Techniquement, il est déjà possible aux fabricants de systèmes d'exploitation de prévoir une telle police, simple question de bonne (ou de mauvaise) volonté.


     9. Cette langue étant fabriquée, il n'existe pas de terminologie professionnelle, scientifique, etc.

     Un vocabulaire complet du domaine aéronautique est au point depuis longtemps, et aurait été testé avec succès : moins de risques d'erreurs qu'avec l'anglais (une lettre égale un son, chaque lettre se prononce). Idem en physique, chimie, informatique, météo. Si de nouveaux termes ou besoins apparaissent, rien n'empêche de les "espérantiser" comme nous avons récemment francisé  le vocabulaire informatique (courriel, partagiciel, etc.)


     10. L'espéranto a-t-il sa propre terminologie des spécialités?

Oui. Dans plusieurs champs des sciences, de la philosophie ou de la sociopolitique, l'espéranto dispose souvent d'une terminologie plus à jour que celle de grandes langues. Il existe des comités espérantistes de terminologie au sein de plusieurs associations professionnelles internationales. Leurs travaux sont supervisés par l'Académie d'espéranto, qui assure la normalisation de la langue. Quelques exemples, disponibles sur Internet:
Informatique: Dictionnaire espéranto/anglais,
Proverbes et locutions: Dictionnaire unilingue espéranto,
Météorologie: Dictionnaire unilingue espéranto,
Zoologie (mammifères): Dictionnaire espéranto/latin,
Zoologie (insectes): Dictionnaire espéranto/latin.


     11. Domaine médical.

     Nombre de chercheurs sont maintenant contraints de rédiger directement leurs publications en anglais, parce que c'est comme ça, et que les grandes revues sont en anglais... Dans certaines facultés, l'anglais commence à faire partie du cursus des études médicales. Or, les racines essentiellement latines (mais parfois germaniques (mademoiselle = fraŭlino, souche microbienne = stamo) ou anglo-saxonnes (oui=jes, bateau=ŝipo, aide=helpo) etc.)  et la logique de l'espéranto rendent son vocabulaire médical plus aisé que dans n'importe quelle autre langue étrangère (pas seulement pour les Européens), ce que ce lexique souhaite confirmer.


     12. L'espéranto est-il  lié à un parti, une idéologie, une secte ?

     Non. D'ailleurs, les mouvements espérantistes sont tous fauchés, alors que les sectes sont toutes riches !
     Il existe divers journaux, radios, sites Internet. Chacun, groupe, religion ou parti, étant libre de créer son association.
     Le Dr. Zamenhof a conçu cette langue pour le mettre à la disposition de tous, en espérant agir pour la meilleure compréhension entre les peuples.