Un seul homme ne peut fabriquer une langue.
A ce jour, c'est exact. Le volapük
était justement trop abstrait, trop différent,
et de ce fait très difficile à
retenir. Zamenhof n'a imaginé "que"
la grammaire de l'espéranto, en allant
à l'essentiel du mécanisme des
langues (d'où les qualités propédeutiques
de l'Eo).
Mais
pour le vocabulaire ainsi que pour les préfixes
et suffixes, il a puisé dans les mots
communs à plusieurs langues européennes,
en ne gardant que le radical, la racine du mot.
Il a également eu l'idée d'éviter
les diphtongues, de faire correspondre un son
à
une lettre, ce qui l'a amené à
créer un alphabet spécifique pour
reproduire des sons déjà existants
dans diverses langues. Là encore, il
n'a gardé que des sons très répandus.
L'espéranto est donc bien issu de
l'esprit des hommes, comme toute langue. La grammaire elle-même est inspirée
de ce qui est régulier dans diverses
langues, et qui est différent selon les
langues.
Ce que Zamenhof a finalement apporté,
c'est un incroyable esprit de synthèse,
proprement génial, à rendre jaloux
tous les linguistes, fruit de l'idéalisme
de la jeunesse et des circonstances qui l'ont
fait grandir dans une ville ou quatre communautés
cohabitaient difficilement.
C'est cette intuition qui lui a inspiré
l'idée de s'appuyer sur les langues existantes,
rendant l'espéranto à la fois
étranger et familier.
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