On a déjà
l'anglais, pourquoi l'espéranto ?
La situation actuelle
est l’anglais langue "mondiale" (mais très loin d’être
parlée par le monde entier), langue scientifique, et même langue
officieuse de l’Europe, un secret de famille honteux car les
textes fondateurs de l’Europe ont gravé dans le marbre l’égalité
des langues, une exigence éthique bien peu respectée.
La domination d’une
langue nationale n’est pas nouvelle : l’Empire romain a diffusé
le latin, déjà bien rempli de grec, et jusqu’à nos jours nos
langues latines, germaniques et slaves fourmillent de ses racines.
L'Angleterre, la
France, l’Espagne, le Portugal, la Hollande et bien d’autres
ont eu de vastes colonies et ont essaimé leur langue et leur
culture. La France de Louis XIV avait même exporté ses manières
de cour, sa mode, sa langue, ses usages, au point que Frédéric
de Prusse avait sérieusement envisagé de l’imposer à tous ses
sujets comme langue nationale, en une véritable conversion linguistique.
Ce phénomène n’est
donc pas nouveau, on peut même dire qu’il a un bel avenir, car
le bruit court que les WASP New-Yorkais (white anglo-saxons
protestant), sorte de noblesse américaine, engage des nounous
chinoises afin que ses enfants deviennent de bons businessmen
polyglottes et sillonnent le marché chinois. Les maîtres d’aujourd’hui
apprennent la langue des maîtres de demain !
Mais cette état de
fait, au-delà de la question de sa légitimité, pose de nombreux
problèmes.
Injustices, particulièrement en Europe
De nombreux postes
de fonctionnaires internationaux sont quasi officiellement réservés
aux “native english speakers" et autres "mother tongue".
Il a été ainsi été recensé plus de mille
petites annonces illégales, et les plaintes pour discrimination
devant la Commission n'aboutissent pas. Certaines entreprises
veulent que leurs réunions de travail se déroulent
en anglais, que leurs documents internes soient rédigés
directement en anglais, etc. L'Europe ne veut plus - ou ne peut
plus - assurer la traduction de l'ensemble des réunions
et des documents dans toutes les langues, et se retrouve obligée
de limiter ses traductions, malgré le renforcement de
son serviced'interprétariat et le recours à des
indépendants.
L'Assemblée
européenne ne voit d'autre solution que la restriction
des traductions et le choix de trois ou quatre langues pivot,
injustice de plus en plus flagrante vis-à-vis des autres,
car il s'agit bien d'une hiérarchisation des langues
européennes, avec d'une part les «grandes»,
par leur puissance économique, leur poids politique,
leur histoire, leur culture, et d'autre part les autres langues,
dont on doit donc supposer que leur culture et leur histoire
sont moins prestigieuses. En outre, pour compliquer encore le
problème, les langues régionales s'apprêtent
à demander leur reconnaissance à égalité
(catalan, breton, basque, occitan, gaélique...)
Injustices pendant les études: les élèves anglo-saxons consacrent très peu de temps à l'étude des langues, temps qui peut être libéré pour les autres matières.
Nombre de facultés de médecine ont songé à rendre l'anglais obligatoire en tant que langue scientifique actuelle, souci que n'ont pas les étudiants anglais et américains. Puisqu'une brillante langue internationale a été mise au point depuis longtemps, neutre, moins gourmande en mémoire, infiniment plus facile, proche de l'étymologie, utilisons-la!
Le coût
Le coût des traductions de discussions et de documents est exorbitant, malgré une baisse avouée des possibilités de traduction, une efficacité moindre (moins de réunions traduites, moins de langues, moins de combinaisons possibles). Au printemps 2005, le nombre d'interprètes vient même d'être largement augmenté, sans parler des travaux sous-traités en externe aux traducteurs indépendants. Le vrai coût de la communication à l'Assemblée européenne est un secret soigneusement gardé.
Poste de traducteur maltais-slovaque à pourvoir, entre autres combinaisons rares.
Facilité d'apprentissage de l'espéranto
Voir plus haut. Cela a toujours été confirmé par les experts indépendants non espérantistes et par les locuteurs. Sans perte de précision, contrairement à ce que beaucoup prétendent par méconnaissance, 1 an d'espéranto équivaut selon les cas et le pays d'origine, à 8 à 10 ans d'étude de l'anglais (au même rythme, pour un même niveau), et encore est-ce probablement sous-estimé.
Cet argument laisse souvent de marbre
les sceptiques ou les opposants à l'espéranto
; 10 ans, c'est pourtant une tranche de vie conséquente,
beaucoup de temps qui aurait pu être utilisé à
autre chose, par exemple apprendre une autre langue !
La vérité
qui est constamment cachée (pour des raisons diverses,
mentionnées par ailleurs), c'est l'extrême difficulté
de l'apprentissage d'une langue étrangère, même
si l'on ne vise qu'une conversation fluide sur un sujet quelconque,
sport, politique, loisirs. Les rapports ministériels
ont toujours confirmé la médiocrité du
niveau d'anglais des élèves au bac (à quelques
exceptions près, fruit de circonstances particulières:
enfants bilingues de famille, séjours des parents à
l'étranger, séjours d'été réguliers
etc.). Il suffit, pour s'en convaincre, de mesurer l'énorme
effort qui est ensuite nécessaire lorsqu'une entreprise
exige un niveau correct pour ses cadres, ou si on souhaite passer
le «Toefl» (Test Of English as a Foreign Language).
Autre exemple pour les plus anciens: le test de première
langue réalisé à l'armée à
l'époque des trois jours pour voir si on est opérationnel,
bourré d'idiotismes et de subtilités diverses...
Personnellement, j'ai eu pas loin de zéro!
Ce déni de
la difficulté d'une langue est une constante des médias,
des décideurs et des pédagogues de l’Education nationale.
On oublie toujours que l'on a consacré quelques vingt
ans à apprendre sa propre langue - le plus souvent imparfaitement
(qui réussit la dictée de Pivot ? qui maîtrise
totalement les pièges de la grammaire française
?)
Les élites
ont toujours logiquement appris la langue des puissants du moment,
par nécessité diplomatique et par la force des
choses. Mais avec l'espéranto disponible, le simple examen
des faits ainsi que la logique plaident en faveur de l'étude
au primaire ou au secondaire de cette langue, pendant un an
ou deux, voire simplement en option (ce qui n'est toujours pas
autorisé en France!)
Bien apprendre une langue facile plutôt que mal apprendre une langue difficile.
Plus facile, et donc plus équitable
Pas seulement pour les Occidentaux, mais aussi pour les Asiatiques, qui peinent sur la prononciation de l'anglais et sur les exceptions grammaticales.
En chinois par exemple, la structure combinatoire de l'espéranto est familière, ainsi que la dérivation des mots.
Pour nombre d'étudiants asiatiques, l'étude de certaines langues occidentales doit être une épreuve... Les nombreux temps du français - dont certains ne servent qu'à l'écrit, les prépositions anglaises qui modifient le sens des verbes, les déclinaisons du russe etc... bref,
tous ces particularismes qui font certes le charme de toute langue pour les natifs, mais en rendent l'apprentissage particulièrement ardu pour les étrangers.
Plus économique et plus démocratique
Acquérir un bon niveau en anglais nécessite, outre plus de dix ans d'étude, de nombreux séjours linguistiques, l'achat de méthodes audiovisuelles, de dictionnaires.
Un représentant du British Council a autrefois reconnu que le véritable or noir de l'Angleterre n'était pas le pétrole de la Mer du Nord, mais bel et bien la langue, et qu'il fallait utiliser cet outil.
Quel serait le montant cumulé de l'argent qui va à l'Angleterre du seul fait del'étude de l'anglais ? Une fortune !
Margaret Thatcher a dit une fois aux (autres) Européens : "I want my money back !"
Répétons après elle : "We want our money back !"
Plaisanterie mise à part, il faut rapprocher ce fait de la récente (juin 2005) polémique financière entre l'Angleterre d'une part, et 23 autres pays européens d'autre part...
Plutôt que
de financer tant d'achats de manuels et de dictionnaires, plus
le séjour linguistique de nos enfants - logés
nourris d'une façon peu contrôlée - ne serions-nous
pas au contraire en droit d'exiger de l’Angleterre et des Etats-Unis
qu'ils subventionnent partout l'étude de l'anglais, et
payent les séjours de nos enfants ?
Outre les moyens, pour étudier
une langue il faut de la disponibilité. Tout le monde
ne fréquente pas chaque semaine les cafés polyglottes
de Bruxelles. Comment progresser dans quatre langues (projet
des tenants du multilinguisme pour l'Europe) si on ne quitte
pas sa ville ou son village ? Inversement, l'espéranto
s'étudie beaucoup plus vite, et du fait de sa régularité
phonétique, c'est la seule langue vivante où l'on
peut atteindre un très bon niveau, écrit et oral,
sans sortir de chez soi ! Il est donc infiniment plus facile
et plus rapide de progresser en espéranto, à un
prix modique.
Dans l'hypothèse où l'espéranto serait la langue auxiliaire internationale reconnue, même une personne peu douée, peu motivée ou peu disponible maîtriserait en un an les notions de base
lui permettant de se débrouiller, à un meilleur niveau que s'il s'était lancé dans l'étude de n'importe quelle langue nationale, quoi qu'en disent les publicités des manuels, du style "l'anglais sans peine", "l'allemand sans haine", "le japonais sans hara-kiri".
C'est une langue
qui a diffusé hors des élites nationales, sans
le concours des médias, une langue populaire au sens
noble du terme, et c'était exactement ce qu'avait souhaité réaliser
le Dr Zamenhof, qui voulait résoudre le problème
de la tour de Babel, pour tous.
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